• Cinquième extrait.

     Ouf!
    J'ai bien cru que je n'arriverai pas à m'y remettre, mais si, me revoilà avec un cinquième extrait et 2769 mots de plus à ajouter au compteur!
    Allez, il ne me reste que 5 jours, il me faut en faire le plus possible!!
    Compteur total : 6858. (ouiinn 6832 au compteur du site, cette fois il m'en a mangé !).
    C'est pas glorieux!

     


      • Rouen – Jeudi Treize Novembre – An Deux-Mille-Huit
      • Huit heures et Dix minutes. 

       

      Sur le parvis de Notre-Dame-de-Rouen, quelques matinaux déambulaient, non sans jeter un œil à l'imposant édifice tout de magnificence antique, joyau et fierté de la ville aux cent clochers. 

      Certains passants, plus curieux, ou religieux sans doute, allaient même jusque passer la lourde porte de bois massif aux froides poignées de fer forgé. 

      Les quelques habitués savaient sans nul doute qu'il y serait donné la première messe d'ici peu, et là haut, suspendu au dessus de la nef, Lionel Coulon laisserait aller ses doigts chanter sa foi et louer les dieux au gré des touches abîmées des quatre claviers manuels que comportait l'antique console du Grand Orgue de Tribune. 

      Celui- ci était un véritable trésor d'antiquité, d'une valeur inestimable, à tel point que la collectivité donnait de sa poche afin de le voir restauré. De cette facture, il n'en existait quasiment plus de par le monde, faisant de celui-ci un pur joyau que seule la communauté religieuse pouvait approcher. 

      Du moins ... Parmi les Hommes. 

       

      Il était à présent Huit heures et Quinze minutes, et là haut, près du majestueux instrument, s'affairaient une étrange troupe ailée ... 

      Quelques vilys, fées et pixies disparaissaient soudain, comme aspirés d'un coup à l'intérieur des grands tuyaux de l'orgue, pour en ressortir aussitôt, passer de l'un à l'autre, en se saluant, d'un air bien pressé. 

      « Où est le La Mineur?! » s'écria l'un d'entre eux. 

      « Là, Là, j'arrive!! » répondit une minuscule fée d'allure gracile, à la voix mélodieuse et au fort accent slovaque , se précipitant, dans un souffle, au cœur du tuyau correspondant, non sans changer soudainement de forme, prenant alors l'apparence d'un petit oiseau-mouche aux plumes chatoyantes de jaune, de mauve et de vert. 

      « Mais bougez-vous! L'organiste va arriver!! ». hurlait un pixie essouflé en vérifiant chaque orifice pour voir si l'ouvrier chanteur attribué s'y trouvait bien. 

      « Aziza!!!Réveille toi!! ». 

      Penché au dessus de l'ouverture du Sol Majeur, le pixie qui semblait endosser le rôle de maître de cérémonie, ou peut-être, de chef d'orchestre, venait de surprendre une petite fée à la peau noire comme l'ébène et aux formes généreuses qui semblait s'être assoupie, recroquevillée contre les parois du tube de zinc. 

      « Hein! Quoi?! », s'écria t-elle, visiblement surprise d'être ainsi tirée d'une petite sieste dont elle aurait bien profité quelques instants encore... 

      « Namého! On est pas là pour glander hein!!! Si tu dors et qu'il joue ta note, tu veux qu'il se rende compte qu'aucun son n'en sort?! Sérieusement, prenez vos responsabilités!!! Vous voulez vraiment qu'ils fassent encore venir un restaurateur, et travailler dans des tuyaux moites et poisseux avec cette odeur d'huile pestilentielle??! ». 

      « Rrraaah...Calme toi Zeyd... » lui répondit un chœur de voix aux multiples sonorités, tandis que la petite et ronde Aziza, encore toute ensommeillée, marmonnait avec mauvaise humeur quelques drôles de jurons, sans queue ni tête, à la façon d'un Jobarbille. 

      « Grumbl... Crétin de Pitiponk, Babouin violet, Bonnet-Rouge,Gargouille velue tondue!!! J'voulais être chanteuse moi, pas juste un sol majeur! 

      Mais pour qui il se prend!! Barde de pacotille digne d'un orgue de barbarie, triste andouille!!! »... 

       

      Enfin, Zeyd s'étant assuré que chaque choriste était bien à sa place, selon le bon ordre de tessiture, et prêt à entamer les vocalises lorsque la soufflerie viendrait porter sur eux le vent léger de la touche enfoncée, lui même s'installa alors à l'intérieur du « sommier», là où, au cœur de l'instrument, il guetterait et orchestrerait chaque enchaînement menant à la note à jouer. 

      En effet, à chaque soupape ou touche qu'actionnerait l'organiste, l'air pénètrerait dans la « gravure » qui dessert l'ensemble des tuyaux correspondant à la note sélectionnée, puis la table, percée de trous en face de chacun des tubes de zinc, et, enfin, Zeyd n'aurait plus qu'à faire coulisser les registres, petites planchettes de bois allongées et percées elles aussi de trous, afin de permettre au souffle d'atteindre la chape, pour finalement pénétrer au cœur du conduit duquel s'élèverait la voix de la note attribuée. 

      Rien que d'y penser, le fougueux pixie était tout en joie... Quel admirable complexe mécanique!!! 

       

      Alors, Huit Heures et Demi sonnèrent, les lourdes cloches dorées cognant leurs bourdons en de formidables échos, annonçant la messe qui préludait. 

      S'élevèrent alors, en premier lieu, les chœurs de la Maîtrise, psalette composée d'enfants destinée au chant liturgique que dirigeait gaiement un vieux Maître de chapelle au sourire édenté. 

      Enfin, dans un moment d'intense solennité, l'organiste éleva haut ses bras, avant de les laisser souplement retomber, et faire courir ses mains sur la console de bois du Grand Orgue, martelant sans répit touches et soupapes, arrachant par là même aux gorges déployées de nos interprètes ailées, un concerto de notes virtuoses et surnaturelles... 

      ***

      • Rotomagus – Marais aux dragons - Jeudi Treize Novembre – An Deux-Mille-Huit - 
      • A la même heure. 

       

      Debout face à l'âtre, enveloppé d'une grande cape de velours aux reflets changeants, Minelli attisait le feu aux flammes fatiguées en chantonnant d'un air joyeux quelques paroles d'une chanson populaire : 

      «  Des follets brillent dans l'ombre,

      Et la voix que j'entendais

      Se mêle aux cris d'un grand nombre

      De lutins, de farfadets.

      Au bruit d'une aigre trompette

      Le sabbat a commencé ».

      Il était d'humeur joyeuse, en cette grise matinée qui précédait la Grande Nuit du Quinzième Eon, et rien, pas même le brouillard qui recouvrait le marais, pas même la pluie glacée qui bruissait, ne pouvait l'assombrir. 

      L'archimage était de nature enjouée, prompt au rire et aux réjouissances , mais il était cependant de caractère fort, et ses colères mémorables. Terenor le savait, sans jamais en avoir été la cible, pour avoir assisté à quelques scènes d'avec les Hauts-Érudits qui n'appréciaient guère de voir jusqu' où le libre arbitre du mage et sa perpétuelle quête de savoir pouvaient parfois le mener. 

      A côté de cela, il était doux comme un agneau, espiègle, presque mutin, tel un enfant sur lequel les centaines d'éons qu'il avait déjà traversé ne semblaient avoir eu d'autres conséquences qu'une sagesse et une érudition toujours plus époustouflantes. 

      Grand, d'une stature impressionnante, et de port altier sans prétention aucune cependant, il était de plus d'une grande beauté, comme la majorité de ceux de son peuple d'ailleurs. La jeunesse éternelle de ses traits avait quelque chose de lointain pourtant, d'insaisissable, tel un reflet miré à la surface d'une eau limpide, que l'on ne peut saisir, ni même effleurer. 

      Toujours vêtu avec grand soin, il semblait que la moindre couleur, la moindre matière, avait été créée pour lui, ses longs cheveux noirs comme la nuit mais aussi brillants que les étoiles en adoptant les reflets, et encadrant avec majesté son visage à la peau aussi claire qu'une aube d'été au nez aquilin et à la mâchoire imposante. 

      Lorsqu'il souriait, on découvrait alors un sourire étincelant, presque carnassier tant ses dents étaient fines et acérées, mais sans agressivité aucune malgré tout. On pouvait y déceler la ruse et la roublardise, mais jamais, au grand jamais, la moindre cruauté. 

       

      L'archimage, reposant au sol le tisonnier avec lequel il avait réveillé le feu dormant dans l'âtre, tourna son regard céladon vers la lourde porte de bois massif qui menait au corridor principal, et esquissa un sourire. 

      Alors, l'air de rien, il s'assit dans son fauteuil favori et ranima les braises éteintes au fond de sa longue pipe de noyer, se saisissant à la volée d'un grimoire quelconque. 

      C'est alors qu'on frappa doucement. 

      « Humm...Entre Terenor! ». 

      Le lutin à l'allure féline s'exécuta alors, refermant la porte derrière lui pour ne pas laisser la douce chaleur de la pièce s'échapper. 

      Minelli s'efforçait de paraître absorbé dans sa lecture, un sourcil relevé à la manière d'un accent circonflexe, mais son fidèle assistant éclata d'un rire sonore et joyeux en le couvant d'un regard tendre. 

      « Quoi?! Qu'y a t'il qui te fasse ainsi rire l'ami? Ai-je un épi? De la cendre sur le visage? Quelque trace que ce soit?! », interrogea Minelli, l'air faussement vexé, relevant le nez de son livre. 

      « Humm...Non, pas vraiment Maître. Je dirai plutôt...qu'il y a de la mascarade dans l'air, Hehe... ». 

      « Une mascarade? Quelle mascarade?! » 

      « Votre apparente concentration, Maître... Votre lecture semble bien passionnante, y comprenez-vous quelque chose?! », rétorqua Terenor, un sourire taquin suspendu à sa bouche. 

      « Et bien, doutes-tu de mes capacités intellectuelles?! ». 

      « Absolument pas, Maître. Jamais. Par contre, je suis bluffé, j'ignorais encore que vous aviez le don de lire à contre-sens! ».

      Le Haut-Elfe plongea alors son regard sur le grimoire qu'il tenait à la main... à l'envers ... ! et sourit à pleine dents.

      « Hummph...Me voilà découvert!! Visiblement, mon meilleur talent n'est pas la feinte. ».

      « Indéniablement! Mais je vous remercie de m'avoir laissé frapper, et croire que pour une fois vous n'auriez pas décelé ma présence...Enfin, vous n'êtes pas obligé de jouer la comédie, hein?! ».

      « Je crois qu'à l'avenir j'éviterai... Haha! ».

      Ils se sourirent amicalement, et Terenor, tendant la main, lui remit alors ce pour quoi il était venu : un paquet d'enveloppes scellées.

      « Je crois que vous trouverez ici quelques candidatures et demandes parentales, le peuple aura sans doute eu vent de votre intention d'engager un nouvel apprenti, cette nuit. ».

      « Oh, j'espère que tu as tort, ces lettres suppliantes pour d'insupportables bambins me sortent par les yeux ... Aucun de ces discours, aussi bien écrit soit il, ne m'a jamais convaincu par le passé.

      Je choisirai cette nuit, comme je l'ai toujours fait. Quand je reconnaîtrai en face celui qui y est destiné, et que j'ai perçu à l'aube, en communiant. ».

      « Vous avez certainement raison. ».

      Et Terenor, saisissant la pile de missives, les jeta vigoureusement au gré des flammes, au cœur desquelles, paresseusement, reposait une salamandre.

      ***

      • Rotomagus – Place du Marché
      • Jeudi Treize Novembre – An Deux-Mille-Huit -
      • Treize Heures et Quarante cinq Minutes.

       

      C'était l'effervescence sur la place des ventes, Marchands et Crieurs publics s'affairaient, vociférant contre leurs concurrents, hurlant les dernières nouvelles, ou encore, vantant les mérites de leurs produits miraculeux, dans un brouhaha assourdissant qui vous poursuivait encore même échappés de là.

      On entendait parfois hurler quelques clients mécontents et les vendeurs froissés :

      « Ça ne vaut pas le pet d'un âne mort, rendez-moi mes doublons! ».

      « Sachez Messire que votre échoppe n'est qu'un miroir aux alouettes, je m'en vais en parler autour de moi! », et autres invectives fusaient ici et là...

      Une foule agitée déambulait entre les divers étals, se bousculant, s'arrachant les denrées convoitées avec l'ardeur et la hargne d'une armée d'assaillants, Lutines bien portantes aux chapeaux de mousse et collants rayés de couleurs vives contre Farfadets aux vestes rouges boutonnés d'argent qui ruaient à coups de pieds couverts d' épais souliers aux grosses boucles dorées, tandis qu'un groupe de trois jeunes kenders ramassaient ça et là les biens égarés au passage, en se faufilant comme l'éclair parmi cet essaim bourdonnant comme lors d'un orage...

      Parfois, reprenant ses esprits, un fier brownie tâtait sa ceinture, y cherchant affairé une belle montre gousset, pour constater alors qu'elle avait disparu, pendant qu'au loin, sur une colline proche, le trio enchanté s'extasiait de son butin :

      « Heureusement que nous étions là pour ramasser tous ces objets perdus , hein Neals?! »

      « A qui l'dis-tu Polly, cette cape n'était pas du plus bel effet sur cette grosse Lutine, on l'aurait cru tassée dans la toile d'un ballon, prête à s'envoler, la pauvre! ».

      « Pis, ce marchand d' abricots ne savait plus à qui les donner d't'façons, on lui a évité une belle querelle devant son échoppe!! ».

      « Oui, t'as raison Tex, heureusement qu'on était là! » reprirent les deux autres en chœur.

       

      C'est alors qu'une jeune fée, d'une trentaine d'éons, arriva vers eux, l'air affolée, en voletant.

      « Vous, là! »

      Sursautant tous trois d'un seul bond, les vifs compères se relevèrent, presque au garde à vous.

      « Miss Adèle, on allait vous les apporter!! ».

      « Je ne viens pas pour ça, je n'ai que faire des ces quelques babioles, vous pouvez les garder!

      Non, j'ai besoin de vous pour une mission de la PLUS HAUTE importance!!! On manque de marchandises à la boutique, tout le monde s'arrache les derniers objets des Fils d'Adam, visiblement c'est la mode cette année encore pour le Quinzième Eon!!

      Je veux que vous fonciez au plus vite au portail de la cathédrale, et que vous me rameniez tout ce que vous pourrez trouver d'objets, d'ornements, de nourriture, ou d'artefacts humains! L'Arbre des présents va en déborder, et nous, on va se remplir les poches rien qu'à attendre que les alouettes tombent toutes rôties! C'est compris?! » clama t'elle, d'un ton de commandement.

      « Compris M'zelle! » scandèrent les trois filous en choeur.

      « Alors zouh!! ».

       

      Filant à toutes jambes, à une telle vitesse que leurs pieds ne semblaient qu'à peine effleurer le sol, les jeunes vagabonds entrèrent alors en trombe dans un vieil édifice recouvert de lierres et de vigne vierge, à l'intérieur duquel, malgré son aspect désaffecté, s'affairaient une foule de gobelins autour d'un grand orbe qui luisait d'une aveuglante lueur bleutée.

      « C'est bon, le portail est ouvert! » chuchota Neals.

      « Bien sûr qu'il est ouvert, ça bosse encore à la cathé! » rétorquèrent d'une seule voix les deux autres.

      « On fonce! ».

      Et les voilà repartis, se faufilant dans l'ombre jusqu'à l'extrémité d'un lourd conduit au bout duquel brillait une vive lumière aux formes mouvantes.

      Ils s'y engouffrèrent d'un seul mouvement, et, courant à toute allure, longèrent les parois jusqu'au fond, là où tournoyaient en une spirale chaotique les lueurs d'un vortex abyssal, dans lequel ils se jetèrent, sans peur aucune... et disparurent.

       

      Ils réapparurent alors, se matérialisant quelques secondes plus tard sous les arches voûtées de l'imposant clocher de Notre-Dame-De-Rouen, saisissant au vol l'une des corde reliées aux airains dans un fracas assourdissant.

      « Bravo la discrétion Polly!!! ».

      « Bon! On se sépare! Rendez-vous ici dans vingt minutes! », hurla Tex pour couvrir de sa voix aiguë le vacarme du tintement.

      « OK!! ».

      Et, prenant chacun une direction différente, prêts à sauter dans le vide de ces hauteurs vertigineuses, les trois kenders se volatilisèrent soudain, invisibles.

      ***

      • Rouen – Boutique « Du Savon et Des Bulles » -
      • Jeudi Treize Novembre – An Deux-Mille-Huit -
      • Quatorze heures et Trois Minutes.

       

      Une jeune femme aux longs cheveux châtains, attachés en une simple queue de cheval, dont le regard un peu rêveur laissait voir une grande douceur derrière ses fines lunettes, attendait patiemment au comptoir de cette petite boutique aux lourdes odeurs de savons et parfums artisanaux, enveloppée dans son manteau noir et sa longue écharpe rouge.

      Après quelques minutes, la vendeuse fit enfin son apparition de derrière un lourd rideau bleu, et, souriant, lui demanda si elle pouvait lui être d'une quelconque aide.

      En un rien de temps, une fois la commande passée, celle-ci se dirigea paisiblement vers la vitrine d'apparat de la devanture du magasin, et se pencha, cherchant l'objet convoité par la jeune demoiselle.

      L'air étonnée, elle se redressa, et réfléchissant un instant, éleva finalement la voix :

      « Louise?!! »

      « Oui?! », lui répondit une voix juvénile en provenance de ce qui devait être la réserve.

      « Tu n'as pas replacé les canards de bain lumineux, les anges et démons, en vitrine après en avoir vendu?! »

      « Heuuuuuu...Je n'en ai pas vendu aujourd'hui... »

      « Pourquoi ne sont-ils plus en devanture alors?! »

      « Bah j'en sais rien moi!!! Ils y étaient y a cinq minutes!! ».

      « Bon! Tu peux m'en amener de la réserve? »

      « Bien sûr, j'arrive! ».

       

      La gérante sourit à la jeune femme, s'excusant pour l'attente.

      Quelques minutes passèrent, et « Louise » ne semblait toujours pas venir.

      De la réserve, un boucan d'enfer, bruits de chutes et autre capharnaüm laissait imaginer que l'assistante de la boutique ne trouvait guère ce qu'elle cherchait.

      Elle finit par passer la tête par le rideau entrebâillé, les cheveux en bataille et fortement essoufflée.

      « Je...ne...comprends...pas.... »

      « Quoi Louise? Ils sont rangés avec les accessoires de bain, dans le coin gauche de la réserve, tu le sais bien! »

      « J'ai...tout...fouillé...de...fond...en...comble...il...ne...reste...rien... »

      « Mais...mais...mais ce n'est pas possible. Il y en avait encore tout un stock quand nous avons fermé ce midi! Et ceux de la vitrine était là il y a dix minutes à l'ouverture!!! C'est quand même dingue, des canards de bain lumineux ça ne disparaît pas comme ça!!! »...

       

      Et pendant que les deux vendeuses se disputaient, l'air hagard, ne comprenant rien à ce qui se passait, s'apprêtant à appeler la police, ni elles, ni la jeune femme à l'écharpe rouge qui, gênée, les mains glissées dans ses poches cherchant frénétiquement son briquet avec lequel elle jouait l'instant d'avant, histoire de s'allumer une cigarette une fois dehors, ne virent la porte de la boutique s'entrouvrir de quelques centimètres à peine, pendant que Polly, hilare, et invisible aux yeux des Hommes, s'éloignait tranquillement.


      ***



      Lully. ©



    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :