• Je ne sais si vous connaissez ce principe de physique qu'est la "cage de Faraday" , qui désigne une enceinte de laquelle rien ne passe vers l'extérieur ou inversement?
    Bien que cette expression désigne à la base un concept réel concernant des travaux sur la conduction électrique ou électromagnétique, il me sembla, ce jour où j'écrivis ce texte, que parfois l'esprit humain pouvait lui aussi se trouver hermétiquement enfermé , comme si les pensées rebondissaient sans fin sur les parois de notre esprit sans jamais pouvoir les franchir...
    C'est ainsi que je me sentais à ce moment là, enfermée en moi-même, sans possibilité d'ailleurs, ayant perdu ma capacité à m'exprimer...
    Depuis, j'ai toujours voulu faire de cette idée une nouvelle qui se passerait uniquement dans le méandre des pensées d'un personnage isolé du monde par de terribles handicaps (tétraplégie, cécité et surdité de naissance), mais jusqu'à ce jour, il n'en existe que des ébauches. Peut-être un jour réussirai-je à l'écrire vraiment?!

    La Cage de Faraday.



    J’me sens seule, j’me sens lasse.

    Personne à qui parler, L'Absent à qui confier...

    Le sommeil me manque, mais je ne veux pas monter

    Dans ma p’tite chambre toute nue, que j'ai déshabillée

    Où je ne me trouve pas, qui n'est pas vraiment moi.

    J'arrive pas à écrire, j'arrive pas à pleurer

    Tout est là, cloisonné, et j'ai perdu la clé...

    J’me sens vide, j’suis plus moi

    J'ai perdu mon émoi, les mots qui peuvent le dire

    Les larmes pour le sentir.

    Et j’trouve pas d'exutoire, j’suis comme un cri en cage

    Qui résonne et qui vrille, mais ne prend pas le large.

    Qui suis-je pour m'égarer, au sein même des idées

    Ces oiseaux de papier, qui s'échouent à jamais

    Qui s'en vont se cogner ; tête et vitre brisées...

    J’me sens enchevêtrée dans ma prison dorée,

    J’me suis toute emmêlée...

    Quel sacré beau merdier!   




    Lully. © 



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  • Quand ma muse s'envole et me laisse vidée de tout sens, les mots s'enfuyant vers des contrées plus verdoyantes et refusant de se poser sur ma page blanche, quand la colère de ne pouvoir les retenir devient insupportable et que tout ce qui fait le monde paraît alors inacceptable, vil, insipide et sale.
    Quand la tristesse , l'envie, deviennent maîtresses, vient comme une litanie... Celle-ci.

    J’voudrais écrire. 



    J'voudrais écrire.

    Ne plus penser à rien, plus rien sentir, seulement écrire.

    Me vider de mon sang, oublier mes pensées, faire semblant

    D'être rien... que la feuille sous mes doigts.

    La laisser prendre la parole, exister à ma place, effacer les

    Erreurs...

    J'voudrais écrire.

    Qu'il n'y ait la place pour aucun blanc, aucun espace.

    Dessiner les envies, dessiner des paris, les laisser se jouer, pas

    En être le jouet.

    Que ma main soit mon cœur, que la plume soit ma voie.

    J'en ai marre des plaisirs éphémères, marre d'avoir toujours

    Mal, là, au creux de ma chair.

    J'voudrais écrire. Pas retranscrire.

    Oublier qui je suis, m'inventer des amis, créer des univers où

    ça m'ferait marrer la guerre...

    J'voudrais pouvoir crier, au moins sur papier, lâcher tout ce

    Que j'ai là, crever l'abcès aussi... parfois.

    Dire adieu à tous songes, dire adieu Pénis, Pubis! Adieu

    Putréfaction, Luxure, Amour, Rêves ; adieu aux sentiments,

    Et même... adieu aux gens!

    Dire que je ne sais pas qui je suis, qu'ici bas c'est tout gris,

    J'en ai marre des nuances.

    J'en ai marre de la France... aussi.

    J'voudrais voir des couleurs, partout où je regarde, ça

    M'éviterait peut-être de broyer du noir...

    Du rose pour les paupières, du violet sur les lèvres, des

    Chaussures jaunes, un ciel tout vert, de la moquette douce

    Comme de l'herbe, couleur de prune, des larmes qui coulent

    De l'arc-en-ciel...

    J'voudrais écrire.

    Des mots tout simples, des mots tout cons.

    Qui sachent faire rire ou bien pleurer, certains dont on

    Puisse se moquer ; mais qui soient beaux, peut-être vrais,

    Aussi.

    J'voudrais me lire à l'horizon, trouver une place, pour moi,

    Un lieu un temps où j'me sente bien ; savoir faire quelque

    Chose de mes mains ; construire un chêne ou un sapin ; et

    Puis aussi me sentir Là, pas à deux endroits à la fois...

    J'aimerais cracher des mots haineux, vulgaires, crier ma

    Révolte sur tout ce qui me répugne, dire aux cons de parfois

    Se taire... Envoyer chier la terre entière, me laisser choir aux

    Vers de terre, me laisser mourir sereinement ; apprécier

    Enfin le Vivant?

    J'voudrais écrire, j'voudrais vraiment, jusqu'à plus vide,

    Jusqu’à néant... Jusqu'à pouvoir dormir, enfin.

    L'écriture est un viol ? Déchirer mes barrières, les briser les

    Mettre à terre, ne rien laisser intacte, tout brûler tout

    Extirper, violenter chaque chair... Annihiler la moindre

    Résistance.

    Me laisser vierge, couchée sur des pages pleines.

    J'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais

    Écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire,

    J’voudrais écrire, j’voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais

    Écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire,

    J’voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais

    Écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire,

    J’voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais écrire, j'voudrais

    Écrire ... [...].  




    Lully. ©



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  • Une séance photo amicale sur les bords de Seine, des images et des moments d'évasion dans la tête, des bribes de rêve brumeux qui s'évaporent tout en douceur. Cela donne ces quelques mots.

    Songe aux brumes d'un quai.



    Je la vois...

    Elle, là, seule sur le quai...

    On la dirait sortie d'un vieux conte de marin, à l'attendre

    Lui, là, seule sur la grève...

    Mi-ridicule, mi beauté du songe qu'on ne pensait jamais

    Saisir, pas même un instant... Comme pour illustrer mes rêves

    À moi, ceux sur lesquels je ne peux jamais mettre d'étiquette,

    Inclassables, Has been?

    Je la regarde, là. Elle qui ne me voit pas, entière à ses

    Songes, entière à cet être qu'elle semble attendre, sans même

    s'en douter elle même... Elle n'est plus même dans ses

    Pensées...

    Mais où s'enfuit-elle ainsi? Vers où son regard s'en va t'il

    Errer, sans rien saisir de ce qui passe, sans en perdre une

    Miette non plus pourtant...

    Elle guette peut-être Dieu, et elle le voit sûrement...

    Et moi c'est elle...Elle que je guette sans gêne, sans une

    Pudeur aucune, que pourtant je lui dois...ou que je lui devrais...

    Un instant enfin, quelque chose, le vent sur sa joue, sa

    Cigarette consumée qui lui brûlera la main, la ramènera

    Soudain dans le monde des vivants...

    Elle se questionnera sur cet instant d'absence, ce silence si

    Profond qu'elle ne l'a pas senti, quand tout en elle s'est tu

    Pour qu'enfin elle puisse être...

    Elle se retournera alors, et moi...Absorbé dans ma

    Contemplation, dissimulé au creux de toutes mes perditions,

    Comme elle, une seconde avant ça... ne verrais pas son

    Regard...

    Ces yeux... gênés, d'abord.... Intrigués, ensuite...Rageurs enfin...

    L'inquisiteur cueillant la pureté lorsqu'elle s'abandonne... Le

    violeur pillant l'intimité... L'outrageant désormais outragé...

    Parce que...

    A mon tour, je m'éveillerai, stupéfait d'une rêverie

    Impromptue, là...A seulement fixer le dos d'une inconnue....

    Ses cheveux battant au vent...

    Son regard me dévoilant, à moi, à elle, à l'éther incongru, à

    La volupté, nue, figée, envolée par un souffle en un instant...

    Un souffle, d'une telle légèreté, que, venu effleurer la surface

    De l'eau, elle aussi en aura tremblé...

    Pourtant... L'a t'elle senti seulement?  




    Lully. ©



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  • Quand plus rien ne reste que la détresse, et que l'on s'y résout.
    Quand on attend en vain l'éclaircie, ici l'Huun-Huur-Tu.
    Cette expression qui, dans la langue de Touva, désigne cet étrange phénomène de diffraction de la lumière qui se produit sur la steppe au moment où le soleil se lève ou se couche. En cet instant magique, on dirait que la terre toute entière rayonne d'une lueur sans âge émanant des herbes et des pierres.
    Quand enfin, on aime assez pour s'excuser d'avoir baissé les bras, et dire combien l'on voudrait les relever.
    C'est pour mon amour que j'ai tracé ces mots là, un jour où non, "rien n'irait plus bien".
    A lui, qui sait toujours recréer la lumière, l'éclaircie.

     

     

    Errante à la Lune.

    A Josué



    Errante à la lune, j’attends l' "Huun-Huur-Tu"...

    Viendras-tu, viendras-tu? Je ne crois plus au jour...

    Errance est mon pays, Errance l'ultime amante

    Il ne pleut plus que toi, abreuve mes silences...

    J'ai le cœur en cisailles et la tête en bataille

    J'ai les mains inutiles qui ne caressent plus

    Que l'ombre de moi-même, l'ombre de qui étais-tu? ...

    J'ai la larme sur mon âme et l'ivresse sur les lèvres,

    Des bateaux qui s'amarrent aux plus lointains nulle-part...

    L'horloge de mon esprit s'est arrêtée sur toi

    Et nul doigt de fée afin de réparer...

    Il est tard sur ma vie, il est lourd de regrets

    Le temps qui s'est posé sur l'aiguille des envies.

    Et la beauté est comme un songe évanoui

    Puisse-t'elle encore les tiens illuminer...  





    Lully. ©



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  • Juste comme ça, un feu, un élan, et quelques mots tracés.

    Prélude Epique.

    Ô peuple des bassesses ; Ô peuple des Hauts-Faits

    De lumière-ténèbre en obscure clarté

    J'oscille et je décline : je suis votre obligée...

    Brandissant haut et clair mon amour et ma hargne

    Comme on brandit un glaive pour pourfendre les âmes

    Entendez ma clameur, c'est le chant d'une profane

    Dansant sous les étoiles, j'entame ma pavane. 



    Lully. ©



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