• Quatrième extrait.


    Très court, seulement 740 petits mots.
    J'aurai bien continué mais il est déjà 6h du matin et une longue journée m'attend.
    Désolée de ne vous avoir abreuvés de nouvelles, ces derniers jours, j'avoue que j'avais quelque peu perdu ma motivation...Mais je vais me mettre à moi-même un grand coup de pied dans le Kük, promis, et, faites-vous plaisir, vous en avez vous aussi le droit! :p
    Bref, c'est à pas de microbe que j'avance, mais je vais essayer de mettre un coup de collier!
    Compteur total : 4074. (le compteur officiel du NaNo m'en dénombre 4089).
    J'suis en retaaaaaaaaaaaard!
    *Cours, laissant derrière elle une pluie d'étincelles.*.





      • Rotomagus – Jeudi Treize Novembre – An Deux-Mille-Huit - Cinq heures du matin.

       

      L'aube n'était pas même encore levée qu'un feu de bois brûlait déjà au cœur de la cheminée d'une grande demeure isolée, entourée d'arbres et de végétation de toute sorte , non loin du Marais aux dragons, laissant s'échapper par-delà l'obscurité une fumée épaisse, lourde d'odeurs inidentifiables.

      A l'intérieur, dans un salon dont on aurait pu dire qu'il était richement ornementé s'il n'y régnait pas un capharnaüm épouvantable, Minelli Lo Mendès, profondément enfoncé dans les coussins de son vieux fauteuil aux armatures défraîchies, était plongé dans ses pensées, une longue pipe en noyer fumante au creux des lèvres. 

      Machinalement, il recrachait la fumée par saccades, tantôt formant de simples ronds, tantôt des arabesques étranges, presque héraldiques. 

      Quelque curieux matinal qui passerait par là et de la fenêtre embuée, l'observerait, ne verrait là que rêveries et contemplations dans le regard lointain du Haut-Elfe à la stature imposante, mais ne nous y trompons pas, Minelli réfléchissait, calculait, dessinait plans magiques et prophéties, mille idées se ruant, s'entrechoquant en son puissant esprit, dans une intense concentration. 

      -       « Humph...Entre Terenor », grommela -t'il soudain, alors que rien, pas même le craquement des braises dans l'âtre, ne semblait avoir perturbé l'atmosphère de la pièce encombrée de milliers de grimoires, parchemins et plans, et autres bazars innombrables.

      De l'autre côté de la porte située au fond du grand salon, stoppé dans son élan, un lutin d'une centaine d'éons à l'allure effacée, attendait dans le corridor, le poing levé comme pour toquer, son geste figé dans l'instant.

      Soupirant doucement, Terenor abaissa la clenche et entra, droit comme un i.

      Il était de petite stature, au maintien circonspect, et pourtant, il émanait de lui quelque chose, un certain charisme difficilement explicable, comme une impression de finesse et de vivacité, qui lui donnait malgré sa petite taille et son apparence fluette, une présence indéniable.

      -       «  Maître. S'il vous plaît, quand cesserez-vous donc de faire ainsi? Cela me glace le sang... Laissez moi donc toquer à la porte, une fois, seulement... ». Il scrutait le sol, l'air légèrement décontenancé.

      L'archimage posa négligemment sa pipe sur le tas de manuscrits éparpillés qui envahissaient la petite table de bois à ses côtés, et regardant l'intrus droit dans les yeux de son regard céladon, glacé, durant une fraction de seconde, il éclata finalement d'un grand rire franc qui résonna longuement dans la pièce.

      -       «  Ahahah, pardonne moi Terenor, j'avais l'esprit ailleurs, je ferais attention à ta grande sensibilité la prochaine fois! Mais, dis-moi. J'imagine que tu es là pour une raison bien précise?! ».

      Le petit être à l'allure véloce sourit, visiblement ragaillardi par le rire chaleureux du maître des lieux, et, haussant les épaules, répondit :

      -       «  Simplement vous dire qu'il serait peut-être temps de penser à vous restaurer. Une longue journée, et une longue nuit vous attendent...

      J'ai préparé du thé, ainsi que quelques gourmandises comme vous les aimez : un peu de muffins au miel de châtaignier, et ... une crème brûlée à la lavande! ».

      -       «  Oh! Superbe! J'en ai l'eau à la bouche, tu es décidément formidable Terenor! ».

      L'expression sur le visage de Minelli, ainsi que l'intonation de sa voix, lui avait soudain fait paraître terriblement juvénile, mille étoiles allumant ses grands yeux verts pâles d'une joie toute enfantine, un sourire béat sur le visage. Cela arrivait parfois, lorsqu'il ressentait un réel plaisir, ou qu'il venait de faire une découverte stupéfiante au cours de ses recherches, et Terenor connaissait bien cette expression, qu'il avait toujours grand plaisir à susciter chez lui.

      -       «  Vous me faites trop d'honneur Maître! » rougit-il d'allégresse. « Je vous amène cela de suite! ».

      Et avec une célérité déconcertante, le Lutin disparût, comme s'il ne s'était jamais trouvé là, dans cette pièce, l'instant d'avant.

      Son sourire figé sur de belles lèvres aux contours parfaitement esquissés, Minelli Lo Mendès, Haut-Elfe de renom, Archimage reclus, s'enfonça de nouveau au creux de son vieux fauteuil tendu de velours, et l'air serein, tendit la main vers la petite table de bois pour se saisir de sa pipe, perdu dans de douces rêveries où flottaient, superbes, de fins mets sucrés et délicats ... et sursauta d'un bond...

      -  «  Diantre mais quel crétin je suis! », constatant alors que même un grand mage, s'il a le pouvoir de sentir les présences, ne voit pas toujours l'évidence...

      Un petit tas de braises, échappées du foyer de sa pipe, consumait ça et là quelques feuillets épars, et lui brûla la main.

       



      Lully. ©



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