• Roman : Mercure - Amélie Nothomb.


     

    Mercure

    Amélie Nothomb

     

     

     

    Quatrième de couv' :

     

    Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l'abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique... Au coeur de ce huis clos inquiétant, la romancière du Sabotage amoureux et d'Attentat, retrouve ses thèmes de prédilection : l'amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

     

     

    Extraits :

     

    «L’amour n’est pas la spécialité des humains.»

    «Le silence est plus tapageur que tout.»

    «A quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?»

    «Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu’un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d’aimer quelqu’un sans le détruire ?»

    «Il faut admirer les gens capables d’être heureux.»





    Mes Impressions :



    J'ai eu un peu plus de mal que d'habitude à me plonger dans ce roman d'Amélie Nothomb, mais, la faute ne lui en incombe pas forcément. Il est possible que cela soit simplement venu de moi, qui ai un peu plus de mal à m'évader dans la lecture ces derniers temps.

    Quoiqu'il en soit, il m'aura fallu atteindre presque la moitié du roman, qui est pourtant court, pour me laisser véritablement embarquer dans l'histoire, alors que celle-ci possède pourtant tous les éléments nécessaire à nous intriguer, nous emporter au gré d'un univers mystérieux à la limite de l'improbable.

    Et pourquoi avoir eu tant de mal à me laisser emmener, alors qu'au final, j'ai adoré...?

    Une fois encore, on est amené ici à rencontrer des personnages étranges, presque malsains aux mœurs plus que répréhensibles bien qu'inspirées par l'amour le plus maladif qui soit, ce pour quoi on serait presque prêts à tout leur pardonner, si tant est que l'on ait pu ressentir quelque colère envers eux... Mais non, même pas! Si Amélie a bien un talent indéniable (non pas qu'elle n'en ait qu'un), c'est celui de nous faire vivre quelques heures en pleine déroute, auprès de personnages plus pervers les uns que les autres, sans que l'on soit capable de ressentir pour eux ni dégout ni attachement, et pourtant, des émotions, des sentiments, on s'en prend plein la caboche tout au long du récit, sans que je puisse pour ma part mettre des mots sur ceux-ci.

    L'Auteur sait une fois de plus nous rendre sadiques, glacials et calculateurs tout comme ses protagonistes, mais cela sans que l'on en éprouve le moindre remord.

    Toujours est-il que c'est bien d'une histoire d'amour qu'il s'agit, ici.

    L'on y retrouve bien entendu le goût d'Amélie pour un amour différent, pervers, à la limite du compréhensible, mais pour lequel on reste prêt à tout, même/surtout au pire.

    Reste le plaisir de savourer sa plume toujours acérée, sa culture littéraire impressionnante qui sert l'histoire avec brio, tout comme les livres qui permettent ici à Françoise de s'évader, dans tous les sens du terme.

    Mercure possède deux fins, quel luxe! Et pour ma part, je préfère sans contexte la deuxième, car, lorsque l'on aime Nothomb, c'est aussi/surtout pour la facilité avec laquelle elle se joue de notre curiosité malsaine et nous fait plonger avec délectation dans ses délires toujours teintés de sordide. La première, espèce d' « happy end » m'aura presque laissé le goût d'une trahison, le sabordage de tout un récit dont on attend bien plus,mais heureusement, la fin alternative vient tout rattraper, nous offrant le final tant escompté au lieu d'un autre qui sonne faux.

    "J'adore votre façon de raconter de jolies histoires pour ensuite en poignarder la poésie" : ces quelques mots de Françoise pour Hazel illustrent à merveille la façon d'écrire l'amour de notre Amélie, pourvu qu'elle ne cesse jamais de nous brutaliser de sa plume délicieusement acérée.





    Lully.©

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  • Commentaires

    1
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Mercredi 22 Juillet 2009 à 21:08
    Pas d'accord, pas d'accord ma chère Lully...

    C'est ce qui m'a justement éloigné d'Amélie. Je vais peut-être te déplaire, mais je ne pense pas que l'amour soit un prétexte à tout.
    Il est évident qu'un bon écrivain peut facilement rendre ses lecteurs sadiques, glacials et calculateurs... Je dirais que c'est de la facilité.
    J'oserai dire même que c'est une incapacité. Une incapacité de remonter une pente plutôt qu'en suivre trop facilement la descente.

    Des personnages étranges et ambigus,  j'en suis friand. Mais je supporte difficilement que l'auteur les détruisent, les démontent, les pervertissent au gré de pulsions morbides, et les dévoilent tels des insectes dans un vivarium.
    Pour moi, avec bien sûr en plus toute l'habileté technique du métier d'écrivain (que je le répète, je ne nie absolument pas) c'est du niveau de la télé-réalité.

    Mais ne t'offusque pas si je suis si intransigeant... C'est qu'en fait j'aurais beaucoup à dire sur ces genres de sujets, mais que beaucoup de paresse et peu de temps m'en empêchent. Par contre je t'invite à me répliquer toi aussi sans ménagement !
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